Une soirée IA décisive à Suresnes : souveraineté numérique, dépendance technologique et le pari de l’open source
Hier soir, les Rencontres Interclubs Business des Hauts‑de‑Seine et du Sud‑Ouest francilien se sont déroulées dans l’effervescence du sujet qui préoccupe toutes les entreprises : l’intelligence artificielle. La deuxième édition de cet événement, organisée par le Suresnes Business Club, la Ville de Suresnes, la CCI Hauts‑de‑Seine, Les Entrepreneurs Hauts‑de‑Seine, le MEDEF Hauts‑de‑Seine et l’ensemble des clubs business du 92, a réuni autour d’une table ronde animée par Laurent Moisson des intervenants de très haut niveau.
Parmi eux, Alexandre Zapolsky, p'ésident et fondateur de LINAGORA, a partagé le constat alarmant qui avait ouvert le débat :
« 56 milliards d’euros par an. C’est le deuxième déficit commercial de notre pays après celui de l’énergie. »
Ce chiffre a servi de point d’ancrage pour discuter de la perte de souveraineté économique liée à la dépendance aux géants technologiques étrangers.
Un plateau audacieux : LINAGORA et Microsoft France face à face
Le panel était constitué d’Edouard Beaucourt (Pigment), de Gilles ATTAF (Certification Origine France Garantie), de Pierre Lagarde (Microsoft) et de Guilhem Blanchard (Département des Hauts‑de‑Seine). Réunir le champion de l’open source français, LINAGORA, et le géant américain Microsoft France pour parler d’IA de confiance et de souveraineté numérique en Europe était déjà un pari audacieux, et le débat n’a pas manqué de relief.
Alexandre Zapolsky a notamment rappelé une audition au Sénat à laquelle intervenait le directeur juridique de Microsoft France. La question qui a fait tiquer les participants était :
« Sous serment, est‑ce que vous pouvez dire que, si la juridiction américaine vous demande de partager les données, vous ne le ferez pas ? »
La réponse, attendue par tous, n’a guère rassurée. Pierre Lagarde a ensuite invité l’auditoire à réécouter l’échange complet, désormais disponible en vidéo, afin de saisir toutes les nuances de la position de Microsoft.
Les lois extraterritoriales, un danger réel
« Ce qui était jusqu’à présent considéré comme un risque, une menace, à l’ère de Trump, on a vu que ça pouvait devenir une réalité concrète. »
Alexandre Zapolsky a illustré ce propos avec le cas du juge Guillou, magistrat à la Cour pénale internationale. Une décision prise aux États‑Unis a pu entraîner, du jour au lendemain, la coupure de services numériques essentiels : comptes bancaires, outils de travail, services du quotidien… jusqu’à Netflix.
Cette situation soulève la question fondamentale : Comment éviter de dépendre de solutions que nous ne maîtrisons pas totalement ?
L’open source comme réponse : Twake.ai
Pour l’entrepreneur, la réponse réside dans le développement de solutions souveraines, auditées et contrôlées localement. C’est précisément le modèle que promeut Twake.ai, la plateforme collaborative open source de LINAGORA. Le président de l’entreprise a rappelé que le service est libre et gratuit jusqu’à 5 Go, offrant ainsi aux organisations une alternative fiable aux outils propriétaires.
« Donc, pourquoi ne pas essayer ? Vous ne perdez pas grand‑chose à cliquer… Au contraire, votre clic peut changer beaucoup de choses. »
Les participants ont été encouragés à tester la solution et à visionner la séquence complète de la table ronde.
une rentrée sous le signe de la souveraineté numérique
La soirée s’est terminée sur une note d’optimisme : « Bonne rentrée à toutes et tous. Back to school and more ready than ever. » Un grand merci à Laurent Moisson pour son animation incisive et à tous les partenaires qui ont rendu possible ce débat crucial pour l’avenir numérique de la France.
En réunissant des experts du secteur privé, du public et de la société civile, cette rencontre a clairement montré que la souveraineté numérique ne relève plus d’une option, mais d’une nécessité impérieuse.