La semaine dernière, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a annoncé un arrêté pris sur la base de l’article 27 de la loi SREN.
Derrière un sujet qui pourrait être résumé un peu vite au « cloud », le message est en réalité plus profond. Il est question de réversibilité, de portabilité, et surtout de liberté de choix.
Concrètement :
– la fin des frais de sortie lors d’un changement de fournisseur,
– le droit effectif de récupérer ses données,
– la volonté affichée de limiter le verrouillage fournisseur.
Autrement dit, on ne parle pas seulement d’infrastructures mais de la capacité, pour les organisations publiques et privées, à changer, sans pénalité, sans dépendance, sans piège contractuel.
C’est là que le sujet nous concerne directement. Chez LINAGORA, nous travaillons précisément là où tout se joue lorsque l’on souhaite sortir : les applications, les briques collaboratives, les formats ouverts, l’interopérabilité, et l’accompagnement des trajectoires de migration.
Car sortir d’un environnement verrouillé ne consiste pas seulement à déplacer des données.
Il faut des alternatives crédibles, opérationnelles, maintenables. Il faut pouvoir reconstruire un système d’information sans recréer une dépendance ailleurs et c’est exactement ce que permet l’open source, quand il est pensé pour l’usage réel, à l’échelle, et dans la durée.
Cette annonce va donc dans un sens que nous défendons depuis longtemps :
le droit de choisir n’existe vraiment que si le droit de changer est techniquement possible.
La fin des frais de sortie est une première étape. La suivante, plus exigeante, consiste à se poser la vraie question : sortir, oui… mais pour aller vers quoi ?
C’est là que se joue l’avenir du numérique ouvert, souverain et responsable.
Le débat est ouvert. Et vous, comment voyez-vous cette réversibilité devenir réellement effective ?