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3 questions à ... Alexandre ZAPOLSKY/Pour un programme "France Export Numérique", Frenchweb.fr

Lundi dernier, Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora, a publié une tribune dans laquelle il interpelle le gouvernement sur l’accompagnement des PME numériques françaises à l’étranger. Alexandre Zapolsky propose notamment un programme baptisé « France Export Numérique » et articulé autour de trois grands axes : la création du réseau d’incubateurs à l’étranger, des VIE plus accessibles aux PME ainsi que la création d’un « Crédit d’Impôt Export ». Frenchweb revient, en trois questions, sur ces propositions.

[FW] Selon vous, pourquoi l’accompagnement des PME numériques françaises à l’étranger est essentiel ?

Alexandre Zapolsky : « L’accompagnement des PME numériques françaises à l’étranger est essentiel pour plusieurs raisons. Tout d’abord, si nous voulons gagner la bataille du rétablissement de notre balance commerciale, il faut multiplier le nombre des entreprises exportatrices. Les PME numériques françaises sont dans les starting-blocks pour partir à la conquête des marchés internationaux, le plus souvent avec des offres de produits et de services innovants et ultra compétitifs. Mais, elles n’ont pas toujours les ressources humaines et financières nécessaires pour jouer la carte de l’exportation.

En les accompagnants mieux, on leur permettra de se projeter à l’international et on augmente ainsi leurs chances individuelles de réussite et nos chances de réussites collectives …. C’est comme cela que notre pays regagnera des parts de marché. D’autant plus que ces PME numériques, lorsqu’elles sont soutenues, elles arrivent à se développer sur les marchés émergents en forte croissance.

Ensuite, en permettant aux PME numériques françaises d’avoir des relais de croissance à l’exportation, on les encourage à continuer à embaucher, souvent des profils très qualifiés et plutôt bien rémunérés. Ce qui n’est pas négligeable par les temps qui courent. »

[FW] Pouvez-vous revenir en détail sur vos trois propositions ?

Alexandre Zapolsky : « Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, les 3 propositions que je porte partent d’un postulat de départ assez simple : les PME numériques ont en réalité des besoins assez sommaires à remplir pour aller à l’export. Elles demandent juste à avoir accès à des locaux peu onéreux, pouvoir disposer de ressources humaines hautement qualifiées, motivées et dynamiques et bénéficier d’un soutien qui sécurise la prise de risque. Chacune de mes propositions partent de constats que j’ai pu faire lorsque j’ai voulu projeter Linagora à l’international.

Ainsi pour ce qui est de la question de l’accès à des locaux, les entreprises numériques souhaitent avoir simplement (sans avoir à maîtriser par exemple la réglementation locale en terme de baux) accès à des bureaux peu onéreux pour pouvoir y installer un ou deux collaborateurs. Elles souhaitent aussi que ces locaux soient évolutifs pour assurer leurs premières années de développement commercial dans leur pays d’implantation avec la possibilité d’avoir accès à des espaces pour développer des projets de R&D, nouer des partenariats avec des entreprises locales ou des institutions de recherche.

C’est la raison pour laquelle ma première proposition consiste en la création d’un réseau international d’incubateurs français #France_Innov qui aurait une double vocation : accueillir les PME exportatrices du numérique et constituer la vitrine de l’excellence du « made in France » numérique.

Ces incubateurs proposeraient tout d’abord des surfaces de bureau modulables, avec des espaces de co-working, de réunion et des espaces pour organiser événements et manifestations. Pour y avoir accès les PME devraient être labellisées. Ce réseau jouerait également un rôle de vitrine du savoir-faire des PME françaises, de l’excellence du « Made in France » numérique et de l’excellence de notre R&D dans ce domaine. Ils pourraient aussi avoir vocation à promouvoir l’attractivité de notre pays dans ce domaine. C’est ce que la Suisse a mis en place avec son réseau Swissnex.

L’objectif serait d’implanter ces incubateurs dans les régions du globe et les villes « où se construit le futur » : en Inde, à Bangalore et dans une autre grande mégapole ; en Amérique du Nord à Boston, Montréal et San Francisco ; en Chine à Pékin, Shanghai et Shenzen ; en Asie du Sud-Est à Hong-Kong, Singapour et aux Vietnam ; au Brésil à São Paulo.

La constitution de ce réseau d’incubateurs doit se faire en se basant sur des structures ou des organismes français déjà présents à l’étranger. A partir de cet existant, je suggère de mettre en place une gouvernance légère basée sur la confiance faites aux acteurs. Un structure nationale placée sous la co-tutelle du ministère du Commerce extérieur et du ministère chargé des PME, de l’Innovation, et de l’Économie numérique, associerait Ubifrance, la Banque publique d’Investissement via Oséo, les pôles de compétitivité spécialisés dans le numérique (par exemple Systematic et Cap Digital) et le Syntec Numérique.

Je pense qu’on peut raisonnablement viser la labellisation de 10 incubateurs au cours des 24 prochains mois.

Ma deuxième proposition vise à rendre plus facilement accessible aux PME le dispositif des Volontaires Internationaux en Entreprises (VIE) porté par Ubifrance, y compris dans des pays où cela leur est aujourd’hui quasi impossible comme aux États-Unis. A priori, ce dispositif est particulièrement adapté aux besoins des PME numériques : accès à des ressources humaines très qualifiées, jeunes et dynamiques, pour un coût maîtrisé et pour une durée qui correspond à des missions de prospection, amorçage de coopération etc… Cependant, dans certains pays, les conditions requises pour la délivrance des visas (bureau sur place de l’entreprise ayant recours au VIE, nombre de salariés de l’entreprise déjà sur place etc…), limitent fortement l’accès à ce programme pour les PME numériques.

Ces conditions restrictives sont parfois imposées par les structures françaises chargées de superviser la délivrance des visas sans que cela ne corresponde à une demande spécifique des autorités du pays d’accueil. C’est le cas aux USA, pays qui demeure leader dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, et où pourtant le nombre de VIE est anormalement faible.

C’est pour cela que je crois qu’il est nécessaire d’homogénéiser les conditions de recours aux VIE dans l’ensemble des pays. Les PME numériques devraient pouvoir envoyer, dans des phases initiales d’implantation, à l’étranger, deux VIE sans avoir d’autre salarié dans le pays de prospection.

Il est par ailleurs nécessaire d’inciter (via un système de bonification) les candidats étudiants à privilégier les PME pour leur VIE. 
Le réseau d’incubateurs « France Export Numérique », objet de la première proposition, constituerait, à mon sens, la structure d’accueil « naturelle » de ces VIE. Je suis persuadé que si on améliorait le dispositif dans le sens où je le propose, on pourrait passer très rapidement de 7 500 à 10 000 VIE.

Enfin, ma troisième proposition revient à créer un « Crédit d’Impôt Export » qui se substituerait à certains dispositifs existants. Je crois en effet qu’il existe un nombre très, peut-être trop, important de dispositifs d’accompagnement financier des PME vers l’export. Ils ne sont pas toujours tous connus des PME innovantes, ils ne sont pas toujours très facile d’accès car soumis à des procédures complexes et enfin, ils sont parfois à usage unique comme le « Crédit d’impôt pour dépenses de prospection commerciale ».

Il me semble que des mesures d’amélioration qui auraient pour objectif de simplifier l’accès aux dispositifs d’accompagnement à l’export et de créer un véritable guichet unique incluant les dispositifs des collectivités locales auraient toutes leur pertinence. Dans ce domaine également, la Banque Public d’Investissement devrait jouer un rôle central.

S’agissant plus directement du « Crédit d’impôt pour dépenses de prospection commerciale », son régime devrait être calqué sur celui du « Crédit impôt recherche ». Il faut élargir son objet et donc les dépenses éligibles et il faut le rendre annuel et non pas à usage unique. A la différence du CIR, ce « Crédit d’impôt Export » serait uniquement accessible aux PME avec un taux de 50 % applicable aux dépenses éligibles .

Pour conclure, je vous dirai que je me suis livrer à un petit exercice pour évaluer l’impact de ces trois propositions pour une entreprise comme la mienne. Le calcul est vite fait. Si Linagora pouvait envoyer deux VIE aux États-Unis, le coût annuel passerait avec ces 3 propositions qui formerait le programme « France Export Numérique », de 72 000 euros par an à 40 000 euros. Dans le 1er cas, Linagora ne pourrait ouvrir qu’un bureau par an à l’étranger et dans le second cas, nous n’hésiterions pas à en ouvrir un deuxième. L’effet de levier est manifeste, surtout si on l’applique aux 500 PME numériques qui sont déjà prêtes pour l’international. »

[FW] Quelles autres mesures pourraient être appliquées par le gouvernement pour favoriser l’export des PME numériques françaises ?

Alexandre Zapolsky : « Je crois que vous aurez compris que je ne suis pas dans le toujours plus. Il me semble plus important de proposer quelques propositions opérationnelles très ciblées plutôt que d’être dans la sur-enchère et dans le toujours plus. C’est d’autant plus vrai dans une période où nous savons tous que les deniers publics sont rares.

Néanmoins, je crois que des améliorations peuvent être apportées à certains dispositifs existants. Je pense plus particulièrement à deux d’entre eux.

Tout d’abord Ubifrance. C’est un formidable outil et je crois que les synergies qui vont être développées avec la BPI vont avoir des effets positifs. Cependant, je dois reconnaître que dans le domaine du numérique, Ubifrance ne dispose pas des mêmes ressources que pour d’autres domaines d’activités. Je pense par exemple à l’agroalimentaire. Les équipes du secteur numérique d’Ubifrance font des merveilles avec les moyens qu’on met à leur disposition. Je pense en particulier aux French Tech Tours auxquels j’ai pu participer aux États-Unis et en Chine. Mais je crois qu’il serait possible de faire encore plus avec des retombées importantes pour notre balance commerciale et nos emplois, si Ubifrance consacrait plus de moyens au secteur du numérique.

Ensuite, je pense à la Coface. Fut un temps où cette vénérable institution ne s’intéressait qu’aux grandes entreprises et aux gros contrats. Des progrès notables ont été réalisés pour les tout petits contrats avec de l’assurance crédits autour de 25 000 euros. Maintenant, je crois qu’il faut travailler sur la tranche supérieure, sur une fourchette comprise entre 50 000 et 150 000 euros….

Bref, avec mes propositions qui constituent le « Programme France Export Numérique », avec Ubifrance qui musclerait son secteur numérique et une Coface qui accompagnerait mieux les grosses PME, je crois que nous disposerions alors d’un dispositif performant pour accompagner les PME numériques françaises à l’exportation. »

Contact :

Nadiya SHUR
Chargée de communication
Tél : 0810 251 251
Email : nshur@linagora.com



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